LE PROJET DES MAISONS ESPOIR

Construction du projet

L’AFTC 38, intégrée au Réseau Espoir est sollicitée depuis de nombreuses années, par des personnes accidentées et/ou leur entourage, recherchant des solutions de logement adapté à leur souhait de vie autonome.

Afin d’apporter une réponse aux demandes récurrentes de ces nombreuses personnes qu’elle soutient, l’AFTC 38, a démarré un travail d’étude des besoins, en lien avec l’ensemble des opérateurs du territoire. La démarche de recueil d’information a consisté en une étude des besoins en matière de logement adapté et au diagnostic des structures existantes destinées à ce public.

Face à l’absence de solution l’AFTC 38 a décidé de construire un dispositif expérimental visant à favoriser la possibilité d’une vie dans un environnement totalement ordinaire, pour les personnes traumatisées crâniennes et cérébrolésées qui le choisissent.

S’inspirant de l’expérience bordelaise des « Maisons des 4 », l’AFTC 38 a mobilisé un large partenariat pour concrétiser, dans l’Isère, cette offre nouvelle de logement.

Aujourd’hui, 8 ans après l’ouverture de la première Maison Espoir, douze locataires vivent dans trois Maisons : deux à Grenoble et une à Sassenage et 47 dossiers de candidatures ont été reçus. Les besoins existent et les résultats de ces modalités d’accompagnement sont prometteurs : évolution de nombreux locataires, certains aspirent maintenant à vivre seul et d’autres à rester en Maison Espoir tant ce type de logement leur convient (avec l’idée, pour un locataire, de changer de Maison pour voir autre

Les forces de ce projet

Ce projet repose sur quatre principes fort qui le rendent viable :

  • • La mutualisation des aides humaines entre les 4 colocataires.
  • • La mobilisation bénévole de l’AFTC 38 qui assure la gestion locative.
  • • La construction d’un partenariat entre les différentes structures mobilisées (AAPPUI, Equipe Mobile du CRLC, SAVS, tuteurs, service de soins) et la signature de conventions.
  • • Le partage des dépenses du loyer et des charges, des frais alimentaires et en produits d’entretien.

Présentation des Maisons Espoir

La Maison Dumas

Elle a ouvert sa porte aux premiers locataires en août 2011. Depuis son ouverture, deux colocataires sont décédés, dont un très récemment, et un colocataire a déménagé (domicile individuel).

Située dans le quartier des Eaux-Claires, la Maison Dumas est une maison à étage, équipée d’un ascenseur. Elle possède un parking, une terrasse et un jardin. Les colocataires sont très dépendants, avec des plans d’aide conséquents (faible mutualisation des heures) et des auxiliaires de vie nombreux.

La Maison Les Australes

Elle a ouvert sa porte aux premiers locataires en 2012. Depuis son ouverture, deux colocataires ont déménagé (domicile individuel et domicile semi-parental), dont un est décédé depuis.

Située dans l’agglomération grenobloise, sur la commune de Sassenage, la Maison Les Australes est un appartement au premier étage. Il possède une grande terrasse, avec un accès direct de cette dernière vers une chambre. Les niveaux de dépendance sont assez homogènes bien que les besoins soient très différents.

La Maison du Carré des Halles

Les premiers locataires sont entrés en septembre 2013. Depuis son ouverture, deux colocataires ont déménagé (entrées en établissement) et un colocataire n’est resté que 6 mois (tremplin vers un domicile individuel).

Située dans le quartier Bouchayer-Viallet, la Maison du Carré des Halles est un appartement en rez-de-chaussée haut. Il possède une terrasse et un petit jardin. Deux chambres donnant sur la route sont assez sombres. Deux colocataires sont plutôt indépendants, avec des petits plans d’aide et donc une importante mutualisation des heures d’aide humaine.

L’ouverture du poste de coordination

Jusqu’à l’arrivée de la coordinatrice en janvier 2018, les Maisons Espoir reposait en grande partie sur du bénévolat, autrement dit, sur la volonté de chacun des acteurs de poursuivre cette belle expérience. Il est apparu indispensable d’ouvrir un poste de coordination des Maisons Espoir afin d’assurer les services transversaux (non financés au titre de la PCH) et ainsi consolider la structure actuelle.

La prise de poste de la coordinatrice a mis en exergue des positionnements institutionnels et des pratiques professionnelles de l’ensemble des acteurs impliqués dans les Maisons Espoir. La redistribution d’un certain nombre de tâches a permis aux protagonistes mais aussi aux partenaires plus élargis, de revoir leurs positions, à commencer par notre propre association.

Le déménagement de l’AFTC dans de nouveaux locaux, à proximité immédiate de deux Maisons Espoir, a été une aubaine pour les locataires, qui peuvent maintenant venir à pied au GEM. Aussi cela est très facilitant pour la coordinatrice : temps de déplacements limités, meilleure disponibilité (possibilité d’être au bureau tout en étant à disposition des locataires, des familles et des auxiliaires).

Les instances au cœur du projet

Le comité de pilotage

Il regroupe les représentants des partenaires principaux des Maisons Espoir : la présidente de l’association et la directrice d’AAPPUI, de la responsable du CRLC, d’un professionnel du Centre Hospitalier du Tullins, du Président du RESEAU ESPOIR et des président et vice-président de l’AFTC. La coordination est assurée par l’AFTC.

Le comité de pilotage est une instance politique qui s’assure de la pérennité du projet des Maisons Espoir : il entretien une dynamique partenariale, il veille au respect des objectifs initiaux du dispositif et à son organisation, il analyse les situations inhabituelles et prend des décisions quant aux orientations stratégiques du projet.

En 2018, un seul comité de pilotage a pu avoir lieu (contre deux à trois les années précédentes) en lien avec les absences et manque de disponibilité des partenaires. A cette occasion la coordinatrice a pu questionner les positions institutionnelles et les modalités de fonctionnement de l’ensemble des acteurs principaux.

Le comité de suivi

Il est composé d’un ou deux professionnels du CRLC (chef de service, ergothérapeute ou neuropsychologue) et de la responsable des auxiliaires de vie d’AAPPUI. Avant l’arrivée de la coordinatrice un bénévole de l’AFTC était présent.

Auparavant coordonné par la responsable des accompagnements du CRLC, le comité de suivi est maintenant sous la responsabilité de la coordinatrice. Elle en assure l’organisation et l’animation.

Organisés toutes les six à huit semaines, les comités de suivi permettent un suivi très fin de la mise en oeuvre des projets de vie des locataires. C’est aussi le lieu de discussions tripartites et de négociations des positions et interventions de chacun des partenaires.

Le comité technique

Comme pour le comité de suivi, la coordinatrice a succédé à la responsable des accompagnements du CRLC. Sont systématiquement présent à ces comités la coordinatrice, la responsable des auxiliaires de vie d’AAPPUI, l’assistance sociale de la Clinique du Grésivaudan et le CRLC (responsable des accompagnements ou chef de service). Médecin MPR, psychologue, neuropsychologue et ergothérapeute apportent leur expertise mais leur présence dépend de leurs possibilités.

Le comité technique est chargé de rencontrer les candidats et d’évaluer l’éligibilité des nouvelles candidatures : adéquation entre le projet individuel et celui des Maisons, capacité à vire en colocation, ressources suffisantes, droit à la PCH, situation médicale stabilisée,… En ce sens, une diversité d’acteurs et de professionnels assure une plus grande exhaustivité lors du traitement des candidatures.

Se réunissant lorsqu’une place est disponible dans une Maison, il propose au comité des sages les candidatures recevables.

Le comité des sages

Il rassemble des personnes d’horizons professionnels variés : médecin MPR, avocat, directeurs d’établissements sanitaires et sociaux ; ne connaissant pas personnellement les locataires en place. Ces personnes statuent sur la ou les personnes(s) reçue(s) pour la ou les place(s) disponible(s) en veillant à l’homogénéité des profils des personnes amenées à vivre ensemble. Ils s’appuient sur des documents anonymes rédigés par la coordinatrice et reçus en amont :

  • • Les fiches de synthèses anonymisées, qui font suite au comité technique. Elles mettent en évidence les éléments clés de chaque dossier de candidature, ainsi que les points forts et les interrogations.
  • • Le rapport d’évolution des locataires. C’est un document synthétique, relatant l’évolution de chaque colocataire d’une même Maison, ainsi que « l’ambiance » de la colocation. Il permet aux Sages de choisir la personne dont le profil correspondrait le mieux à la colocation.

La coordinatrice organise le comité des sages. Le jour J, elle présente l’ensemble des dossiers et se tient à disposition des Sages pour répondre à leurs questions.

Garantir le caractère inclusif de l’habitat

Un chez-soi

Les Maisons Espoir sont bien plus qu’un lieu d’habitation, elles sont de vrais lieux de vie ordinaire, inscrit durablement dans la vie de la cité. L’accès aux Maisons Espoir est fondé sur le libre-choix, et par conséquent, s’inscrit en dehors de tout dispositif d’orientation sociale ou médico-sociale et ne saurait avoir de limitation dans le temps.

Logement personnel, au sein duquel les locataires sont responsables de leur mode de vie, des choix des services auxquels ils font appel et des frais engagés.

La coordinatrice a coeur de faire de ce logement personnel un véritable « chez-soi » pour les locataires. Ainsi, sont régulièrement discutés avec les locataires, les familles et les partenaires les points suivants :

  • • Le positionnement professionnel du domicile
  • • Les règles de vie, ou plutôt l’absence de règles, hormis celles imposés par les colocataires eux-mêmes (fumer ou non dans une chambre, manger différemment des autres, …).
  • • Les questions autour de la sécurité (fumer dans son lit pour une personne avec une très faible mobilité, laisser seul un locataire dans la maison, laisser un locataire aller seul en ville alors qu’il a des difficultés d’orientation spatiale, …).

L’accompagnement

Par une vie la plus proche possible d’une convivialité familiale, les maisons permettent à des personnes isolées d’avoir accès à un logement personnel tout en conjuguant avec leurs besoins d’aide, d’accompagnement, sinon de « surveillance », ceci dans le cadre d’un partenariat étroit entre :

  • • Des services médico-sociaux d’accompagnement,
  • • Des services d’aides humaines,
  • • Le réseau de soins de ville (médecins, infirmières, rééducateurs de secteur…),
  • • L’environnement social du quartier,
  • • Les dispositifs sociaux de droit commun,
  • • Les services d’accueil de jour,
  • • Les structures de travail protégé.

Favoriser les départs en vacances et en famille durant la période estivale ou les périodes de fêtes, fait partie intégrante de l’accompagnement qui est proposé au sein des Maisons Espoir. Cela nécessite une importante coordination en amont entre les partenaires.

L’inscription dans le quartier

Les Maisons Espoir permettent aux locataires d’avoir une vie sociale, inscrite dans la cité.

Autant que faire se peut, les consultations médicales et les rééducations paramédicales se font à l’extérieur du domicile, dans les cabinets des professionnels. Il en va de même avec les activités de loisirs, qui comme détaillées plus haut, s’articulent autour de plusieurs associations locales. Les déplacements à l’extérieur sont favorisés.

Les locataires utilisent les commerces et services de proximité.